La recherche et ses représentations

Le billet qu’Olivier a écrit sur la recherche précaire, m’a fait penser à la vision relativement négative dont souffrent les chercheurs et aussi les autres travailleurs du secteur scientifique.

En décembre 2013, dans une conférence1 donnée dans le cadre du Forum des savoirs de l’Association Aldéran, François Charru, professeur à l’Université Paul Sabatier avait fait un petit aparté sur la représentation qu’on se fait du monde de la recherche. Il avait utilisé le point de vue officiel du CNRS lui-même pour illustrer ses propos.

Il avait repris une annonce du CNRS de 1950 qui invitait les jeunes de France à candidater à des postes. Je n’ai pas réussi à retrouver la source utilisée, mais je transcris ici le texte de la photographie présentée lors de la conférence2 :

Jeunes de France …

La recherche scientifique manque de chercheurs et de techniciens.

Si après de bonnes études, vous avez le désir d’observer et de connaître les phénomènes de la nature ou de participer aux grandes réalisation de la science et de la technique modernes, si vous possédez un esprit d’avant garde et d’aventure, de la ténacité dans l’effort et de la volonté d’aboutir.

Renseignez-vous sur les carrières qui vous sont ouvertes dans le domaine de la recherche.

Dans la planche suivante, il présentait ce qui pourrait être considéré comme la version actuelle de cet appel :

Les missions principales du chercheur sont :

  • la production scientifique : articles dans des revues “primaires”, livres, rapports;
  • la valorisation des résultats : brevets, participation à des congrès;
  • la diffusion de l’information scientifique : articles de vulgarisation scientifique, communications au public (conférences, émissions) ;
  • la formation par la recherche : encadrement d’étudiants (doctorants, stagiaires…).

Après ça, il n’y a pas besoin de se demander pourquoi les jeunes sont de moins en moins attirés par les carrières scientifiques. Difficile de concurrencer d’autres représentations de ce qui constitue la réussite.

Il est désolant de constater que les représentations positives de la science et des métiers associés ne soient pas véhiculées par ceux qui devraient en être chargés. Là où les pouvoirs publiques avouent leur impuissance et leur indifférence, des ONG se créent.

Footnotes:

1

“Qu’est-ce que la réalité? Le point de vue d’un physicien”. Vendredi 4 octobre 2013 à 20h30. Conférence par François Charru professeur à l’Université Paul Sabatier.

2

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